INDE : une histoire de femmes

Cusinella_Kitchenlife - INDE : une histoire de femmes

Selon les régions et les niveaux de vie, la cuisine sera plus ou moins rudimentaire. Mais depuis une décennie, le rythme de l’équipement en électroménager (réfrigérateur, plaques, fours, etc.) serait l’un des plus rapides au monde, selon une étude menée par la marque Samsung. Bref, les Indiens s’offrent à tour de bras des cuisines modernes. Quelques fondamentaux demeurent pourtant. Les hommes boudent résolument les fourneaux. Bizarrement, si dans les restaurants les chefs sont toujours des hommes, dans l’intimité domestique ils ne sont pas du genre à donner un coup de main. Résultat, la cuisine traditionnelle est souvent un lieu à la décoration soignée, ouvertement féminine… avec des ambiances qui font presque penser à une chambre de jeune fille ! Dans la version la plus traditionnelle, notamment dans les villages, on y trouve encore d’immenses jarres où fermentent des sauces plus ou moins épicées qui entrent dans la composition de la majorité des plats. Indispensable aussi, la grande théière. Électrique ou posé sur le feu, ce samovar à l’indienne est toujours chaud.

Au menu ?

 
Selon les religions pratiquées et la région, les menus varient beaucoup. Mais l’Indien a gardé sa fibre végétarienne. Fruits, légumes, féculents constituent la base. L’un des plats les plus préparés dans les maisons indiennes reste la poha. Souvent consommé au petit déjeuner, il s’agit d’un riz au safran composé de pommes de terre, d’oignons et de piments… Dans le genre copieux, on ne fait pas mieux.

JAPON : nippon ni mauvais… mais essentiel !

Cusinella_Kitchenlife - JAPON : nippon ni mauvais… mais essentiel !
Que l’on vive dans un beau ryokan à Kyoto (grande maison traditionnelle) ou dans un appartement tokyoïte à peine plus grand qu’une boîte à chaussures, c’est un espace que l’on soigne à l’extrême. C’est que les Japonais, en gourmets assumés, adorent confectionner de bonnes choses. Surtout le week-end, où c’est l’occasion de se retrouver en famille autour d’une infinité de petits plats à partager. Durant la semaine, la ménagère du Pays du Soleil Levant, est plutôt du genre speed et survoltée : tard le soir en rentrant du boulot ou au petit matin, avant d’y partir, elle dégaine sa collection de bentos (lien encadré), ces petites boîtes hermétiques où l’on dépose le déjeuner des écoliers ou des travailleurs.

Au menu ?

 
Du riz, du poisson (que l’on consomme même au petit déjeuner), des algues, du tofu. Pour préparer tout cela, les Japonais des villes disposent d’un équipement inouï. Outre le classique réfrigérateur où s’entassent des réserves de poissons (entre 6 et 8 espèces différentes consommées chaque semaine), de gingembre, d’azuki (pâte de haricot rouge), de sobas (pâte de sarrasin), il y a toujours dans la cuisine japonaise un « rice-cooker », sorte de grosse marmite électrique qui sert à cuire le riz à la vapeur. S’ajoutent l’attirail nécessaire à la préparation des makis ainsi qu’une collection impressionnante d’appareils électroménagers et de gadgets, allant du cuiseur à tofu jusqu’à l’engin qui permet de fumer son poisson à domicile en passant par la machine conçue pour confire le gingembre en quelques secondes. Dernier détail : si vous ouvrez les tiroirs, vous tomberez sûrement sur une flopée de couteaux impressionnants et savamment aiguisés. Au Japon, trancher le poisson est un sport national… qui donne même lieu à des compétitions sur l’ensemble de l’île !

ÉQUATEUR : ce soir, c’est soupe party !

Cusinella_Kitchenlife - ÉQUATEUR : ce soir, c’est soupe party !
Ici, la cuisine fait chambre à part. Elle est séparée du reste de la maison. Une pièce à part, spécialement dédiée, où l’on prépare le repas pour toute la famille, voire pour une partie du village. Le décor ? Du 100% brut de décoffrage ! Pas de chichi dans les fourneaux d’Amérique latine : la cuisine se réduit à quatre murs noircis par les fumées, un foyer où l’on allume le feu de bois sur lequel on déposera d’énormes marmites. Les ustensiles de la cuisinière équatorienne se réduisent à une batterie de marmites. Ni réfrigérateur, ni de gazinière. Pas sûr que vous aimeriez l’ambiance.

Au menu ?

 
On a déjà connu plus affriolant. Des légumes et des lentilles. Avec ses ingrédients, la ménagère redouble d’inventivité pour renouveler (un peu) le programme du repas, mais celui-ci est essentiellement constitué de soupe épaisse, à base de pommes de terre, de grains, de farine de maïs ou de blé, et d’oignons. C’est souvent très nourrissant, de la vraie cuisine des montagnes et des campagnes. La viande est rare, le poisson encore plus… À tel point que l’un des produits alimentaires qui fait le plus rêver la cuisinière des hauts sommets équatoriens est la sardine en boîte !

Le + de KitchenLife

LE SAVIEZ-VOUS ?

La poubelle traditionnelle danoise est une œuvre d’art. La fameuse Vipp, inventée au Danemark dans les années 1930 par un jeune designer, Holger Nielsen, est si belle que le MoMA (Museum of modern Art) de New York l’a fait entrer dans ses collections d’art.

Comme les Japonais, laissez-vous mener en bento

 

Depuis quelque temps, la gamelle japonaise, ou bento, a le vent
en poupe chez nous. L’idée ? Une boîte hermétique avec ses
compartiments qui s’empilent pour y mettre plein de bonnes choses
à manger. Rien de plus pratique que cette « lunch box » nippone,
alternative idéale pour une pause déjeuner pas chère et équilibrée, mais
aussi écologique puisque l’emploi du bento suppose zéro emballage
plastique jeté.

On y met quoi ?

 

La boîte à repas classique de l’employée tokyoïte
peut tout accueillir. Tous les adeptes le disent : le bento est formidable
pour se nourrir correctement, car il permet des repas parfaitement
calibrés. On peut en outre composer un déjeuner complet : une petite
entrée (carottes râpées par exemple) dans le compartiment n°1, un
plat de résistance (restes de poulet rôti et salade de pâtes) dans le
compartiment n°2,
salade de fruits dans le compartiment n°3. À préparer
la veille ou le matin même, la boîte hermétique conserve le repas durant
toute une matinée. Elle peut aussi passer au micro-onde.

Beau à voir.

 

Le bento, c’est aussi l’art d’embellir son déjeuner. Au
Japon, il existe même des concours de composition ! La petite boîte
est souvent accompagnée de son sac assorti ou du « furoshiki », cette
pièce de tissu qui sert à l’emballage et au transport. On peut également
s’amuser avec une foule d’accessoires : mini-flacons à sauces,
séparateurs en plastique, couverts, baguettes.

Bento-mania chez nous.

 

Bento-mania chez nous. Illustration du phénomène : son arrivée
en force dans les enseignes déco, comme Habitat, Muji, Monoprix,
mais aussi la kyrielle de sites Internet qui lui est consacrée. Le
site monbento.com vend la boîte à repas classique, des modèles
plus trendy, des coffrets multi-étages pour les gros appétits. Sur
bentoandco.com, ouvert par un Français vivant à Kyoto, on dégotera
une foule d’accessoires utiles. Pour concocter son casse-croûte, pas de
soucis non plus, car les bentomaniaques débordent d’idées. Parmi nos
blogs favoris,
Audreybento avec plus de 85
recettes « kawaï ». Très appétissant aussi : le livre « Bento minceur »,
d’Anne Dufour (éd. Leduc, 14,90 €).

DANEMARK : résolument design et lumineux


Cusinella_Kitchenlife - DANEMARK : résolument design et lumineux

Une déco blanche, épurée, fonctionnelle et résolument écolo. On respire dans cette pièce qui se veut un lieu de retrouvailles pour toute la famille. Comme tous les Scandinaves, les Danois sont des dingues de design à la sauce nordique. Et c’est dans la cuisine que cela se voit. Du choix du grille-pain à celui de l’éclairage, très important pour passer l’hiver, en passant par la vaisselle et les ustensiles, ces mordus de style passent un temps fou à sélectionner leurs produits. Ils privilégient le produit estampillé développement durable et la production locale, autrement du matériel robuste, si possible dessiné par des designers du pays. Illustration avec l’objet culte à s’offrir si l’on veut mettre une touche danoise dans sa cuisine : la fameuse poubelle Vipp. Pas un habitant du royaume ne conçoit de se passer de cette poubelle à pédale en acier.

Au menu ?

 
Longtemps, la table Danoise a été triste, avec du poisson fumé et des bouillies. Mais les temps changent. À l’instar du Noma, ce restaurant du chef étoilé René Redzepi à Copenhague aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs du monde, la popote nordiste devient raffinée. Avec un mot d’ordre : manger local et bio.